Résumé de section

      1. Héritage Russe/Soviétique  :

        • La domination russe/soviétique a durablement marqué les nations d'Europe de l'Est, du Caucase et d'Asie centrale à travers des structures centralisées.
        • Les mouvements identitaires et de construction nationale dans ces régions se sont souvent développés en opposition à la domination russe.
        • Malgré cela, des liens culturels, linguistiques et économiques perdurent, permettant une influence continue de la Russie sous forme d'hégémonie.
      1. Histoire et héritage  :

        • L'influence russe dans les pays post-soviétiques repose sur un héritage impérial et soviétique marqué par un contrôle centralisé, notamment en Europe de l'Est, au Caucase et en Asie centrale.
        • La fin de l'Union soviétique a permis l'émergence de nouvelles nations qui ont souvent construit leur identité nationale en opposition à la domination russe.
        • En revanche, l'UE a établi son influence principalement via son processus d'élargissement et sa politique de voisinage, promouvant ses normes démocratiques et économiques.
    • L'étude se concentre sur la période 2000-2021, marquée par une compétition croissante entre l'UE et la Russie pour exercer leur influence dans leur "voisinage partagé". Les deux puissances régionales exploitent les dépendances économiques et sécuritaires existantes des pays voisins pour imposer leurs propres agendas. L'analyse repose sur trois dimensions principales du mécanisme de coercition : menaces, récompenses et demandes

    • Après la dissolution de l'Union soviétique, les anciennes républiques post-soviétiques ont conservé le système de normalisation hérité du Gosudarstvennyy Standart (GOST), un cadre réglementaire utilisé pour les produits alimentaires. Cependant, avec la création de l'Union économique eurasiatique (UEE) en 2015, la Russie a commencé à prescrire ses propres règles en matière de sécurité alimentaire, s'inspirant partiellement des standards internationaux tout en maintenant une approche distincte. En parallèle, l'UE a développé un système de sécurité alimentaire basé sur des processus sûrs, contrairement à l'approche russe qui se concentre davantage sur des spécifications finales pour les produits.

    • La cooptation est définie comme un mécanisme d'hégémonie où un acteur régional cherche à inclure les sociétés du pays voisin dans son propre cadre idéologique, modifiant ainsi leurs idées, valeurs et croyances pour qu'elles s'alignent sur les siennes. Ce processus repose sur trois dimensions principales : la langue, la culture (y compris les médias), et le système de croyance (souvent lié à la religion). L'étude montre que la Russie bénéficie d'un avantage historique significatif dans ce domaine, hérité de l'empire russe et de l'Union soviétique, tandis que l'UE a dû construire sa stratégie de cooptation principalement autour de programmes culturels et de promotion de ses valeurs démocratiques et libérales.

    • L'étude se concentre sur la période 2000-2021, marquée par une intensification des tensions entre l'UE et la Russie pour influencer les politiques moldaves et arméniennes. Les deux puissances régionales cherchent à imposer leur modèle politique, économique et culturel aux pays voisins, mais elles le font de manière différente. L'UE utilise principalement un cadre institutionnalisé basé sur des récompenses conditionnelles (accès au marché européen, aide financière), tandis que la Russie recourt davantage à des menaces et sanctions économiques ou militaires.

    • L'étude s'intéresse aux dynamiques de pouvoir entre l'UE et la Russie dans leurs relations avec deux pays voisins, la Moldavie et l'Arménie, entre 2000 et 2021. Elle remet en question l'idée dominante selon laquelle l'influence de l'UE et celle de la Russie sont fondamentalement différentes en raison de leur nature respective. En réalité, bien que leurs méthodes diffèrent parfois dans leur mise en œuvre, elles reposent sur des mécanismes similaires d'exercice de l'hégémonie. L'auteur développe un cadre conceptuel générique basé sur trois mécanismes idéaltypiques pour analyser cette influence : la coercition, la prescription et la cooptation.